FAF_Prescriptions des inhibiteurs de la pompe à protons

Des études françaises récentes montrent que les prescriptions d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) dans la population générale sont très fréquentes : 17 millions de personnes en 2022, dont la moitié a plus de 65 ans. [1] Toutefois, un traitement au long cours par IPP est très rarement justifié. Il expose à un risque iatrogénique lié à la polymédication, en particulier chez les sujets âgés. Il existe de nombreuses interactions avec d’autres médicaments (addition d’effets hyponatrémiants, diminution de la biodisponibilité des antifongiques par augmentation du pH, augmentation des concentrations sériques de la warfarine…). Les effets indésirables fréquents des IPP sont les troubles digestifs (douleurs abdominales, constipation, diarrhée, flatulences, nausées/vomissements…) et les céphalées. En cas d’utilisation prolongée, le principal risque important est la survenue d’infections intestinales. Les effets indésirables graves sont rares mais préoccupants en raison du nombre important de personnes traitées par ces médicaments. [1 ;2]
La HAS restreint l’utilisation au long cours des IPP aux indications suivantes : [1]
- En cas d’ulcère gastro-duodénal : formes idiopathiques ; échec de l’éradication d’H. pylori ; syndrome de Zollinger-Ellison ; traitement au long cours par AINS chez les patients à risque de complications digestives hautes.
- Concernant le reflux gastro-oesophagien (RGO) : œsophagite de grade C ou D selon la classification endoscopique de Los Angeles ; œsophage de Barrett ; RGO non érosif documenté et répondant aux IPP.
La coprescription d’IPP et d’AINS en prévention n’a d’intérêt qu’en présence de facteurs de risque et n’est justifiée que dans les situations suivantes : personnes âgées de 65 ans et plus ; antécédent d’ulcère gastrique ou duodénal (dans ce cas, une infection à H. pylori doit être recherchée et traitée) ; association à un antiagrégant plaquettaire (notamment l’aspirine à faible dose et le clopidogrel) et/ou un corticoïde et/ou un anticoagulant (tout en rappelant que ces associations doivent de principe être évitées). Les IPP doivent être interrompus en même temps que le traitement par AINS. [3]
Dans le cadre du reflux gastro-oesophagien, le traitement peut être prescrit pour une durée de 4 semaines au maximum, uniquement en cas de pyrosis, brûlures gastriques post-prandiales ou régurgitations acides. [2] Dans tous les cas, il est nécessaire de privilégier la posologie la plus faible possible : demi-dose pour ésoméprazole, lansoprazole, pantoprazole et rabéprazole ; pleine dose pour oméprazole. [2 ;3]
Toute prescription d’IPP doit donc systématiquement faire l’objet d’une réévaluation de son intérêt (efficacité, qualité de vie, recherche des effets indésirables et interactions médicamenteuses). Une bonne connaissance des indications, contre-indications et durées de traitement, permettra d’apporter une réponse pertinente aux symptômes du patient, et de recourir au gastro-entérologue au moment opportun.
Pour qui?
Médecins spécialistes en médecine générale et médecins d’autres spécialités concernés par la problématique traitée
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Expert:
Dr DOBRIN ANCA Stela
Organisateur:
Détail:
19h-21h30
Début:
14/10/2026
Fin:
14/10/2026
Durée:
2h30
Type:
Classe virtuelle
Profession
Médecin
Spécialités
Médecins spécialistes en médecine générale et médecins d’autres spécialités concernés par la problématique traitée
Financeur
Formation FAF en classe virtuelle organisée par l'AFML
EVALUATION
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Ouvert